Le syndrome du canal carpien est un motif très fréquent de demande d’électromyogramme, à Paris et ailleurs. Il s’agit d’une pathologie fréquente et bénigne, à condition qu’elle soit identifiée et traitée précocement.
Les premiers symptômes
Dans la grande majorité des cas, le début est progressif. Les premiers symptômes sont souvent des paresthésies, sensations de fourmillements de la main, nocturnes ou matinales, et cédant au changement de position du bras ou de la main. Ces paresthésies concernent typiquement les 3 premiers doigts et la main et la moitié l’annulaire.
Les symptômes peuvent aussi survenir au cours de la journée, lors d’activités manuelles (téléphone, conduite, gestes répétitifs...).
Beaucoup de patients décrivent une sensation de maladresse des mains, une sensation de faiblesse ou de fatigabilité notamment pour tenir des objets.
Les signes d’aggravation
En l’absence de traitement, on peut observer une évolution progressive.
Les paresthésies sont alors de plus en plus fréquentes et de plus en plus durables, jusqu’à devenir permanentes et associées à une perte de sensibilité d’une partie de la main. Cette perte de sensibilité peut être ressentie comme une sensation d’anesthésie permanente.
Un autre signe d’aggravation est la perte de force musculaire, en particulier pour les muscles permettant l’opposition du pouce, ce qui engendre une faiblesse de la pince pouce-index et des difficultés à tenir des objets dans la mains, ouvrir bouteilles et bocaux.
Certains patients décrivent des douleurs du poignet et de la main, à type d’écrasement, pression, ou décharge électrique.
Dans les formes les plus avancées, il existe une fonte musculaire à la base du pouce, l’amyotrophie thénarienne.
L’origine de ce syndrome
Le syndrome du canal carpien est ce qu’on appelle un syndrome canalaire, c’est à dire une compression d’un nerf au sein d’un espace anatomique étroit. Ici, le nerf médian est comprimé dans le canal carpien à hauteur du poignet. Ce canal est un espace inextensible qui contient le nerf médian et les tendons des fléchisseurs des doigts.
Toute augmentation de pression dans ce canal (inflammation, épaississement des tissus, rétention liquidienne, gestes répétés) entraine une compression du nerf médian.
Au début, cela engendre une atteinte fonctionnelle liée à une altération focale et réversible de la gaine de myéline du nerf. Dans un stade plus avancé, s’installe une atteinte structurelle du nerf (dégénérescence ou perte axonale).
Quelle en est la cause ?
Plusieurs facteurs favorisant sont identifiés :
- Les activités manuelles, les gestes répétitifs, contraintes mécaniques du poignet.
- La grossesse, par rétention hydrique.
- Maladies associées (diabète, dysthyroïdies, obésité, neuropathies autres…).
Il n’est pas rare que les patients ne présentent aucun de ces facteurs favorisant.
Comment faire le diagnostic ?
Le diagnostic est avant tout clinique, basé sur les symptômes et leur localisation.
Plusieurs examens ou tests contribuent à confirmer ou préciser le diagnostic :
- L’examen clinique, par la reproduction des symptômes à la percussion du canal carpien par le médecin ou au maintien du poignet en flexion.
- L’électromyogramme, examen de référence. Il permet de confirmer le diagnostic, évaluer la sévérité, rechercher des signes d’atteinte structurelle du nerf, et éliminer d’autres causes (atteinte d’origine cervicale, neuropathie autre…)
- L’échographie ou l’IRM sont utiles en cas de doute diagnostic ou de forme atypique en étudiant les aspects morphologiques du nerf médian et de son environnement dans le canal carpien.
Les traitements
Le traitement dépend de l’intensité des symptômes, de la durée d’évolution, des signes de sévérité, et du contexte (grossesse, activité manuelle, traumatisme du poignet…).
Le traitement conservateur, proposé aux stades précoces, dans les formes légères à modérées.
- Immobilisation nocturne du poignet. Il s’agit de maintenir le poignet dans une position neutre pendant tout le temps sommeil, pour diminuer la pression dans le canal carpien.
- Infiltration locale de corticoïdes dans le canal carpien. L’effet anti-inflammatoire permet un soulagement parfois rapide mais souvent temporaire.
Le traitement chirurgical, proposé en cas d’échec du traitement conservateur, ou de forme sévère. De façon très schématique, l’intervention consiste à ouvrir le ligament du canal carpien pour libérer le nerf médian.
Dans de rares cas, le médecin peut proposer de ne pas traiter et surveiller dans l’attente d’une évolution spontanée favorable (apparition des symptômes dans le cadre de la grossesse ou d’une activité manuelle exceptionnelle).
Pourquoi faire un EMG ?
Dans le cadre du syndrome du canal carpien, l’EMG a plusieurs intérêts.
Il permet :
- L’étude fiable et objective de la conduction du nerf médian.
- La confirmation du diagnostic.
- L’évaluation de la sévérité de l’atteinte du nerf en recherchant des signes de sévérité tels que la perte axonale ou une dénervation.
- La recherche de neuropathie autre.
De ce fait, l’EMG guide directement la stratégie thérapeutique.
En résumé
Le syndrome du canal carpien est une compression du nerf médian au poignet
Les premiers symptômes sont des fourmillements nocturnes de la main et des doigts
L’évolution est souvent progressive
Des signes de gravité peuvent apparaître (perte de sensibilité, faiblesse)
L’EMG est l’examen clé
Les traitements sont efficaces, et la récupération est d’autant meilleure que le traitement est précoce
YF